Pour lui, l’épanouissement se définit en termes de capabilité : c’est l’aptitude à faire des choix qui correspondent à nos aspirations. Le but de l’enseignement n’est pas d’amener tout le monde à l’université. Certains peuvent s’y épanouir, d’autres pas. Oublions l’idée qu’il faut aller très vite sur une trajectoire diplômante qui conduit, via un goulot d’étranglement, vers l’université. Le qualifiant, c’est autre chose. 

C’est maintenir la capabilité : chacun peut prendre un chemin qui durera le temps qu’il faut. Le parcours diplômant se transforme en parcours d’acquisition de compétences.

Faire une hiérarchie entre le qualifiant et le général n’a aucun sens. On aboutit au savoir par des chemins différents.

Les élèves s’épanouissent dans le qualifiant parce qu’ils sont acteurs de manières d’apprendre beaucoup plus valorisantes à leurs yeux. Ils apprennent au contact des choses, en tâtonnant, et pas en reproduisant simplement des savoirs théoriques. Ils retrouvent le droit de commettre des erreurs.

Le rôle de l'enseignant dans l'épanouissement

L’enseignant doit pratiquer l’orientation positive, sans présenter le qualifiant comme une orientation par défaut. Pour cela, il est nécessaire de changer le système de perception. Cessons d’examiner l’élève en lui disant ‘Désolé, tu as raté, tu dois aller dans le qualifiant.’ Les examens doivent devenir des évaluations et présenter le qualifiant comme une possibilité sur laquelle l’élève a son mot à dire. Le rôle de l’école est aussi d’accompagner l’élève dans ce choix et de l’aider à le défendre auprès de ses parents.

La clé de l’épanouissement, c’est avoir le sentiment d’être là où l’on doit être dans un parcours, en prenant son temps si nécessaire

Piste d'action pour stimuler l'épanouissement

Bruno Humbeeck croit beaucoup au parcours individuel accompagné. L’élève doit, à un moment donné, savoir où il en est, dans quelle direction il va et être soutenu par des personnes qui envisagent ce parcours positivement.

Aujourd’hui, on ne peut plus préjuger du parcours que chacun prendra. Bien souvent, le qualifiant pourrait être appelé le requalifiant : il requalifie des élèves qui se croyaient nuls à l’école. On ne peut pas dire qu’un élève n’est pas fait pour l’école, il n’est juste pas fait pour cette école-là.

Les points obtenus ne sont plus le vrai critère de réussite. Un élève qui réussit est un élève qui préserve son envie et son désir d’apprendre.